"Une Souveraineté Énergétique Compromise : Le Scandale des Barrages Hydroélectriques"
- Mireille Bleivas
- 31 août 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 31 août 2025
Ce soir, le gouvernement macroniste tente de nous faire croire qu'il a remporté une bataille contre l'Union européenne concernant la gestion de nos barrages hydroélectriques. En réalité, ce qu'il a obtenu de Bruxelles est une concession alarmante : pour que la Commission accepte finalement que la France réinvestisse dans NOS barrages, Paris a consenti à céder une partie significative des capacités hydroélectriques d’EDF au marché. Selon l'accord divulgué, « EDF devra mettre 6 gigawatts de capacités hydroélectriques à la disposition d'autres producteurs d'énergie, qui les revendraient ensuite aux consommateurs ». Cela représente environ un tiers de la capacité des barrages concernés. Un tiers : c’est colossal.
Ces « capacités virtuelles » devront être mises en vente sous la supervision de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) à travers des enchères compétitives. En d'autres termes, au lieu de permettre à EDF et à l'État d'investir directement et de gérer nos ressources hydrauliques dans l'intérêt public, l'État abandonne une partie de la gestion commerciale à des acteurs qui n'ont pas nécessairement à cœur la souveraineté énergétique de la France. Cela rappelle l'ABSURDE mécanisme de l'ARENH dans le secteur nucléaire : un dispositif qui prétendait garantir un accès au nucléaire public mais qui, en réalité, a permis à des « concurrents » de bénéficier d'une rente de capacité sans produire eux-mêmes, tout en exerçant une pression à la hausse sur les prix. Une fois de plus, on crée des marchés et des intermédiaires qui profitent avant tout à des intérêts privés — au détriment des consommateurs.
Si la France avait réellement sa souveraineté, en dehors des contraintes de l'Union européenne, elle aurait pu, depuis deux décennies, choisir librement d'investir et de moderniser ses barrages sans avoir à imposer ces mécanismes de marché. Elle n'aurait pas été contrainte d'accepter un « arrangement » qui fragilise la viabilité économique d’EDF, expose la production hydraulique à des logiques de marché spéculatives, et risque d’augmenter les tarifs finaux pour les ménages et les entreprises.
Les barrages sont des biens stratégiques : ils garantissent non seulement une production décarbonée, mais également la flexibilité essentielle au système électrique (pompage-turbinage, réserve, réponse aux pics). La décision concernant leur avenir doit relever d'une souveraineté énergétique et industrielle qui ne devrait pas être négociée. Or, avec cet accord, la France renonce à une partie de cette maîtrise au profit d'un modèle de marché imposé par Bruxelles. C'est inacceptable.
Nous devons pouvoir décider nous-mêmes, en toute souveraineté, de l'utilisation et de l'avenir de nos barrages. Mais non : l'Union européenne et les compromis gouvernementaux nous empêchent de prendre cette décision. Scandaleux...





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