Quand Washington rend la parole aux citoyens européens
- Mireille Bleivas
- 20 févr.
- 2 min de lecture
Le département d'État américain développe un portail en ligne nommé freedom.gov, visant à permettre aux internautes européens et ailleurs d'accéder via un VPN intégré à des contenus bloqués localement, considérés par Washington comme censurés, notamment sous le Digital Services Act (DSA) de l'UE. Cette initiative, révélée par Reuters le 18 février 2026, suscite des tensions transatlantiques en encourageant potentiellement le contournement de lois européennes sur les discours haineux ou la propagande terroriste.
Contexte et fonctionnement du portail
Origine du projet
L'administration Trump, depuis 2025, accuse l'Europe de censurer les voix conservatrices via le DSA et des lois similaires, comme l'Online Safety Act britannique, citant des amendes infligées à des plateformes comme X (120 millions d'euros en décembre 2025). Freedom.gov étend à des démocraties alliées des outils anti-censure auparavant réservés à des régimes autoritaires (Chine, Iran, Russie).
Fonctionnalités techniques
- Intégration d'un VPN simulant une connexion depuis les États-Unis pour accéder à des contenus légaux aux USA mais restreints en Europe.
- Pas de traçage de l'activité des utilisateurs, selon des sources proches.
Le domaine est enregistré depuis le 12 janvier 2026 et affiche actuellement : « L’information, c’est le pouvoir. Revendiquez votre droit humain à la liberté d’expression. Préparez-vous. » ou « Freedom is coming ».
Pilotage et calendrier
Dirigé par Sarah Rogers, sous-secrétaire d'État à la diplomatie publique, avec Edward Coristine (ex-DOGE). Le lancement, prévu à la Conférence de Munich sur la sécurité, a été reporté.
Réactions officielles et critiques
Position du département d'État
Il dément un programme spécifique anti-censure en Europe, mais confirme que « la liberté numérique est une priorité », incluant VPN et outils de contournement. Un porte-parole nie tout report ou réserves internes de juristes.
Inquiétudes et analyses
- Risque d'ingérence : Kenneth Propp, ex-responsable du département d'État, qualifie cela de « tir direct » ou « frappe directe » contre les règles européennes, perçu comme une tentative de contrecarrer les lois nationales.
- Changement de cap : Financement coupé pour des outils comme Tor et Let's Encrypt, au profit d'un portail gouvernemental contrôlé.
- Conséquences potentielles : Encourage les citoyens à enfreindre leurs lois locales, tendant les relations USA-UE déjà fragilisées par des critiques de JD Vance en 2025 5.
Implications géopolitiques
Cette mesure marque un basculement : les USA passent d'accusations verbales à une action technique concrète contre la régulation européenne, visant discours haineux et extrémismes. Aucune réaction officielle de Bruxelles ou d'Emmanuel Macron n'est rapportée à ce stade, mais des tensions accrues sont anticipées. Le site reste non opérationnel publiquement.
- #DSA




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