MOYEN-ORIENT : « VIRTUELLEMENT, LA FRANCE EST EN GUERRE CE MATIN », alerte le général Vincent Desportes
- Mireille Bleivas
- 6 mars
- 3 min de lecture
Le général Vincent Desportes, ancien directeur de l'École de guerre et professeur de stratégie, a affirmé que « la France est entrée en guerre » à la suite de l'escalade militaire qui a débuté le 28 février 2026 après une intervention israélo-américaine contre l'Iran. Cette déclaration traduit l'ampleur du basculement stratégique observé dans la région et les conséquences immédiates sur les engagements militaires français.
La nature de l'engagement français
Le général Desportes insiste sur le fait que la posture française reste officiellement défensive. Concrètement, cependant, cette posture implique des frappes ciblées : des avions français se sont envolés pour neutraliser des menaces — notamment des systèmes d'armes et des drones — visant des pays partenaires et intérêts nationaux en Irak et dans la région. Le président de la République a justifié cet engagement en s'appuyant sur les accords bilatéraux de défense liant la France à plusieurs États du Golfe et à l'Irak, et des actions défensives, comme l'interception de drones menaçants, ont été menées dès les premières heures du conflit.
Contexte géopolitique et risques
Le général Desportes qualifie la crise de « guerre tellurique » : une recomposition profonde du Moyen‑Orient qui s'inscrit dans un bouleversement plus large de l'ordre mondial. Le conflit dépasse désormais le cadre strictement régional — des frappes ont touché ou menacé des zones proches de pays européens, comme Chypre — et ravive des mécanismes de défense collective, y compris les dispositions de l'article 42.7 du traité sur l'Union européenne.
Pour la France, l'engagement militaire comporte des risques sécuritaires domestiques. Les autorités ont renforcé le dispositif Sentinelle et accru la vigilance autour des lieux et communautés les plus exposés. Les services de renseignement restent attentifs à la possibilité d'attaques terroristes visant des cibles liées à la crise, comme la communauté juive ou des opposants iraniens présents sur le sol français.
Position française vis‑à‑vis des alliés
Sur la scène internationale, la France partage avec les États‑Unis et Israël la préoccupation face à la menace iranienne, tout en marquant une critique de la légalité de certaines frappes menées « en dehors du droit international ». La diplomatie française appelle à une désescalade et à des négociations, même si l'explosion des hostilités rend ces perspectives incertaines.
Réflexions sur la possibilité d'un dialogue et l'avenir de l'Iran
Certaines voix estiment qu'il est illusoire d'espérer des négociations apaisées avec un régime qui, selon ses détracteurs, promeut et tolère des actions terroristes tout en réprimant violemment une partie de sa population au nom d'un fanatisme idéologique. D'après plusieurs sondages en France, une large majorité comprend les motifs avancés par Israël et les États‑Unis pour tenter d'enrayer ces menaces ; parallèlement, des dissidents et membres de la société civile iranienne expriment leur désir de changement et leur aspiration à davantage de libertés. Pour ces observateurs, un renouvellement politique — de préférence pacifique et par des voies démocratiques — pourrait contribuer à stabiliser la région, diminuer l'influence des réseaux terroristes liés au régime et rétablir des relations plus sereines entre voisins. À ceux qui accusent Israël d'agir pour s'approprier des territoires, ils répondent que l'objectif proclamé est, selon eux, de neutraliser une menace et d'agir là où d'autres États hésitent.
Conclusion
La montée en puissance du conflit au Moyen‑Orient et l'implication de la France dans des opérations présentées comme défensives illustrent une recomposition stratégique aux répercussions internationales. Si la diplomatie reste active pour tenter de contenir la crise, nombre d'analystes estiment que seul un changement profond, politique et sociétal en Iran permettrait de ramener une paix durable dans la région — une perspective souhaitée par certains, combattue par d'autres, et dont l'issue reste à ce stade incertaine.




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