La France, une guerre civile larvée
- Mireille Bleivas
- 18 févr.
- 2 min de lecture
Il existe aujourd’hui, à mes yeux, une guerre civile larvée qui ronge notre pays. L’appeler ainsi n’est pas une formule creuse : c’est poser une réalité douloureuse et demander une définition lucide et responsable. Il faut nommer les acteurs, leurs objectifs et les conséquences de cette déchirure.
D’un côté, il y a ceux qui veulent et organisent ce conflit. Pour eux, la « guerre larvée » est un instrument au service d’un projet politique et social. Ils tirent parti des fragilités de l’État et des fractures de la société pour étendre leur influence, imposer leurs codes et arracher des espaces de pouvoir. Ils recrutent, instrumentalisent des jeunes non assimilés et s’appuient sur des relais institutionnels et locaux — y compris des élus — pour faire avancer leur agenda.
Face à eux se tient un camp patriote, qui aspire au retour d’une France sûre, homogène et stable. Il réclame souveraineté, contrôle des frontières, priorité nationale, protection de l’identité culturelle et sécurité intérieure. Ce camp considère que l’ordre et la continuité civilisationnelle sont des conditions sine qua non pour préserver la nation.
Enfin, un troisième groupe — les élites au pouvoir — choisit trop souvent le renoncement. Regard tourné vers Bruxelles, Kiev ou Gaza, il s’en remet aux équilibres internationaux et aux compromis bureaucratiques, préférant la conservation de sa position au prix de l’inaction sur les fractures internes. C’est ce groupe, enfermé dans l’immobilisme, qui, à mon sens, incarne le drame actuel : incapable ou peu désireux d’affronter les causes profondes du conflit.
Ces trois logiques sont irréconciliables. Elles structurent une société fracturée en forces antagonistes, dont l’affrontement paraît inévitable tant que l’État n’interviendra pas avec clarté et fermeté. Au cœur de cette dynamique, j’identifie l’islamisme politique comme moteur de la violence : incitation au djihad, recours au terrorisme, application de normes contraires aux lois républicaines, et parfois actes d’une barbarie qui ne peuvent être ni minimisés ni ignorés. Les victimes de cette guerre larvée — souvent anonymes dans les commémorations publiques — s’accumulent en silence.
Je mets aussi en cause la responsabilité politique : la domination d’une culture socialiste au sein de l’appareil d’État et l’absence d’une droite rassemblée et crédible ont, selon moi, favorisé l’enracinement de ces tensions. Là où l’État recule, les groupes extrêmes trouvent des marges de manœuvre. Et c’est la passivité ou la recherche d’arrangements tactiques qui permettent à certains acteurs de prospérer.
Enfin, je n’ai guère d’illusion sur la capacité d’Emmanuel Macron ou de Jean‑Luc Mélenchon à ramener la paix. Tous deux, par leurs stratégies et leurs postures, contribuent à entretenir les braises : l’un par une gestion qui paraît parfois déconnectée des réalités de terrain, l’autre par des stratégies politiques qui profitent du conflit pour mobiliser. Dans ce cadre, la paix n’est pas une priorité politique pour eux ; l’affrontement, hélas, sert des calculs qui font couler le sang.
Ce constat n’est pas un appel à la fatalité, mais un déclencheur d’exigence : nommer la réalité, protéger les citoyens, restaurer l’autorité de l’État et rassembler une majorité politique capable de réparer les fractures. Sans cela, nous continuerons d’avancer vers un affrontement aux conséquences imprévisibles




Commentaires