France 2025 - 63 usines; la réindustrialisation en panne
- Mireille Bleivas
- 10 mars
- 2 min de lecture
En 2025, la France a enregistré un solde net de -63 usines industrielles, avec 116 ouvertures contre 179 fermetures, un niveau inédit depuis 2013 et bien plus alarmant que le -15 de 2024. Ce chiffre, issu d'analyses indépendantes, contraste avec les bilans officiels du gouvernement qui ne mettent en avant que le premier semestre (solde +9).
Bilan chiffré de la désindustrialisation en 2025
Malgré les discours optimistes des ministres lors du sommet Choose France, les données révèlent un essoufflement structurel de la réindustrialisation. Au premier trimestre, déjà 108 sites étaient fermés ou menacés contre 80 ouvertures, soit un solde précoce de -28. La production industrielle confirme cette tendance : l'indice de production manufacturière (IPI) a reculé de -0,8 % en décembre 2025, après -0,7 % en août et -1,7 % en juillet.
Répartition sectorielle des fermetures :
- Agroalimentaire en tête, suivi du textile, métallurgie et construction.
- Automobile : 139 000 emplois perdus entre 2010 et 2023, avec accélération en 2025 (Michelin, Valeo, Forvia, Bosch).
- Aéronautique : chute brutale de -15,8 % en décembre malgré un climat des affaires à 118.
- Secteurs traditionnels en déclin continu depuis 2009 : imprimerie, meubles, métallurgie, textiles, plastiques, caoutchouc.
Les PME décrochent particulièrement : depuis 2022, les ouvertures de sites par ces entreprises stagnent, tandis que les liquidations définitives concernent près des deux tiers des fermetures.
Deux France industrielles en coexistence
Secteurs résilients (20-30 % des dynamiques positives) :
- Industrie verte : +11 au S1 2025 (recyclage, économie circulaire).
- Défense et aéronautique militaire : +8, avec hausses de carnets de commandes.
- Énergie et traitement des déchets : portés par France 2030, malgré des tensions.
Secteurs effondrés (70-80 % des pertes) :
- Traditionnels : solde négatif généralisé, avec -63 usines nettes sur l'année.
- Investissements étrangers records, mais paradoxalement en baisse pour l'industrie pure.
Des milliers d'ouvriers qualifiés affluent vers Pôle Emploi : la baisse d'emplois industriels s'accélère, avec un climat des affaires en repli en septembre 2025 (soldes sur production passée en net retrait).
Causes structurelles et conséquences
Ce déclin n'est pas conjoncturel mais persistant depuis les années 1970, amplifié par :
- Énergie : coûts élevés freinant la compétitivité.
- Fiscalité : charges alourdies sur les PME industrielles.
- Réglementation : normes cumulées étouffant les investissements.
- Formation : décalage avec les besoins réels.
- Vision : priorités à court terme (20 mois) vs. stratégique (20 ans).
Résultat : la France importe massivement ce qu'elle ne produit plus, s'appauvrissant structurellement. Les créations d'entreprises ralentissent de 0,2 % sur 12 mois (août 2024-juillet 2025), confirmant un cercle vicieux.
Conditions impératives pour une réindustrialisation réelle
Pour inverser la tendance, des mesures concrètes s'imposent :
- Énergie abondante et à bas coût.
- Vision stratégique à 20 ans.
- Fiscalité compétitive dédiée aux PME industrielles.
- Formation professionnelle alignée sur les besoins sectoriels.
- Réglementation allégée favorisant l'investissement productif.
Au lieu de cela, l'accumulation de normes et charges pousse les industriels à investir ailleurs, perpétuant le solde négatif de -63 usines en 2025. Un pays qui détruit ses capacités productives ne peut prospérer durablement.




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